« Processus industriel, processus de paix, processus d’apprentissage… » Très souvent employé, bien trop souvent, a-t-on idée du potentiel d’amélioration et d’innovation qui se cache derrière le concept de processus ? Et des difficultés, bien souvent inattendues, qu’il faut surmonter pour le cerner et le modéliser correctement ?
Regardez autour de vous les modèles de processus réalisés, vous constaterez que tout reste à faire dans ce domaine : pas de langage commun, pas de méthode, peu de pratique, des modèles hétérogènes, incomplets, inexacts et souvent inutilisables. Les étudiants sont pas ou peu formés dans ce domaine et rarement confrontés aux cas réels à traiter. Quelques écoles seulement introduisent dans leur cursus une initiation aux outils de modélisation de processus. Le travail de modélisation des processus n’est pas encore reconnu comme un métier. Les professionnels qui gravitent autour des processus en sont déjà à vendre les BSC, analyses de risques, mise en place ISO, BPM,…alors que tout ceci s’appuie dans la plupart des cas sur des processus très mal modélisés, voire inexistants.
Comprendre et mettre en œuvre la modélisation des processus ne sont pas des tâches aisées, dans le sens où elles relèvent bel et bien d’un travail sur le long terme, basé sur l’observation, l’expérimentation et la connaissance des organisations d’entreprise.
C’est pourquoi j’ai décidé de creuser ce sujet passionnant. J’ai tout d’abord pensé aborder la modélisation sous l’angle théorique, mais rapidement, j’ai fait machine arrière. L’important dans tout cela, et ce qui manque et qui est au centre, c’est «le modélisateur », le professionnel qui conçoit les modèles de processus, ses doutes et ses certitudes, ses interrogations et ses choix. J’ai donc recommencé mon projet et décidé d’accompagner un modélisateur dans sa démarche, à travers une série d’entretiens avec les acteurs d’une entreprise.
Ma démarche est progressive, didactique et proche du candidat à la modélisation. Elle fait apparaître les concepts au fil du besoin et découvrir les difficultés très concrètement. Les modèles se suivent, se cherchent et se construisent pas à pas, itérativement. Des recommandations de modélisation se dégagent, des fondamentaux émergent. En prolongement de cette série d’entretiens, les besoins en approfondissements théoriques trouvent leur légitimité. Mais là encore, l’exemple et l’illustration (plus de 130 illustrations dans le livre) prennent le dessus pour ancrer le lecteur dans une approche pragmatique. Pour finir, il me semble important de faire partager mon expérience du management de projet en proposant une démarche simplifiée de conduite de projet de modélisation.
Ce livre a donc un objectif premier : accompagner le modélisateur, mon personnage central, dans les péripéties de la modélisation des processus, pour que cette dernière apparaisse dans toute sa dimension pratique. Concrètement, cet ouvrage s’organise en plusieurs moments progressifs : tout d’abord, mon fil conducteur basé sur un cas d’école : le processus « livrer ». En écho à ce processus canonique, je propose ensuite un approfondissement des points les plus « sensibles » de la modélisation (place des processus dans l’organisation d’une entreprise, modélisation évènementielle, discontinuités des processus…). Je termine en invitant le lecteur à conduire un projet de modélisation bâti sur un référentiel, une charte, qui reprend tous les principes développés dans ce livre. Cet ouvrage et la plupart de ses illustrations sont adossés à la suite logicielle de modélisation des processus ARIS Platform, dont l’éditeur est IDS Scheer .
“Business Process, process of peace, process of learning…” Notion of process is very often employed, well too often. Do you size up the potential of improvement and innovation hidden behind the concept of process? And of the difficulties, very often unexpected, which should be overcome to understand it and model it correctly?
Look everywhere the process models carried out, there is a lot left to do: no common language, no method, short practise; heterogeneous, incomplete, inaccurate and often unusable models. Students are not much trained in this field and not enough confronted with the real cases. In their curriculum, some schools just offer an initiation of modeling processes tools. Modeling processes design is not recognised yet as a profession. One may already sell the BSC, risk analysis, ISO carrying out, Business Process Management. All that is based on processes, but these processes are very badly modelled, even non-existent.
Understanding and implementing the modeling of the processes are not easy tasks, in that they result from a work on the long run, based on observation, experimentation and knowledge of the organisation structure.
This is why I decided to go into detail this theme. First I thought tackling modeling in a theoretical way and I quickly reconsidered. The important thing and what misses but is central is “the modeler”, the professional who designs the process models, his doubts and his certitudes, his interrogations and his choices. Thus I decided to start again my project and to accompany a modeler in his approach step by step through series of discussions with the actors of a firm.
My approach is progressive, didactic and close to the candidate to modeling. It reveals the concepts step by step to discover the difficulties in a concretely way. The models are gradually and repeatedly followed, sought and built. Recommendations of modeling emerge, fundamental rules come up. Complementing these series of talks theoretical deepenings are growing on. Examples and illustrations (more than 130 illustrations in the book) ingrain a pragmatic approach. To conclude, it seems important to me to share my project management background by proposing a simplified procedure of modeling project management.
Ce blog commence à prendre vie, il faut maintenant lui ajouter quelques images.
DO